L’UPR de Paris

L’Unité Pédagogique Régionale (UPR) de Paris assure l’enseignement en milieu pénitentiaire dans 14 maisons d’arrêt, centres de détention, centres pénitentiaires, Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM) sur un vaste territoire qui regroupe les académies de Paris, Créteil et Versailles.

Les niveaux d’enseignement proposés sont : 1er degré, 2nd degré et enseignement supérieur.

Dans chaque Unité Locale d’Enseignement (ULE), un responsable d’enseignement organise la scolarité.

Conformément au code de procédure pénale et aux règles pénitentiaires européennes (RPE), l’enseignement est assuré dans tous les établissements pénitentiaires, et la priorité est donnée aux actions destinées aux mineurs et aux adultes sans qualification, notamment les illettrés et les non francophones.

Le partenariat entre l’éducation nationale et l’administration pénitentiaire :

Depuis près de quarante ans, l’enseignement en milieu pénitentiaire est assuré essentiellement par des enseignants de l’Education nationale.

Une unité pédagogique régionale (UPR) est implantée dans chaque région pénitentiaire et réunit, sous l’autorité d’un proviseur de l’éducation nationale, les différents niveaux d’enseignement et de ressources de formation initiale fournies par l’éducation nationale.

Les conventions et circulaires interministérielles (mars 2002) fixent les priorités de l’enseignement :

– Prise en charge des publics les plus en difficulté (illettrés et jeunes)

– Validation ou certification des parcours de formation.

Auprès du directeur interrégional des services pénitentiaires, le responsable de l’UPR a pour mission d’organiser l’ensemble des activités d’enseignement, en recherchant leur intégration dans la politique de réinsertion de l’administration pénitentiaire. Il établit et met en oeuvre le projet pédagogique de l’unité régionale.

Sur chaque site pénitentiaire, un responsable local de l’enseignement est nommé par l’autorité académique compétente, après avis du responsable de l’unité pédagogique régionale et du chef d’établissement pénitentiaire, et consultation des commissions administratives paritaires compétentes.

Les personnels enseignants du premier et du second degré sont nommés après avis d’une commission constituée notamment de représentants de l’Education nationale, du responsable de l’UPR, et du directeur de l’établissement pénitentiaire (art. 1 de la circulaire du 5 oct 2000 sur l’organisation de l’enseignement en milieu pénitantiaire).

o Pour les mineurs

« La continuité de l’accès du mineur détenu à l’enseignement ou à la formation est assurée, quel que soit son âge, conformément aux dispositions des livres Ier et III du code de l’éducation. Un bilan pédagogique est réalisé auprès de chaque mineur entrant ». CPP Article D516.

« L’enseignement ou la formation constituent la part la plus importante de l’emploi du temps du mineur incarcéré ». CPP Article D517.

L’obligation scolaire est de règle pour les moins de 16 ans, et une démarche incitative est adoptée pour les mineurs de 16 et 17 ans. Quand les mineurs sont dans des cursus scolaires (un quart des mineurs) l’incarcération ne doit pas introduire une rupture dans leur parcours. Par ailleurs, 90% des mineurs sont sortis du système éducatif sans qualification et ils relèvent, m des actions prévues par le code de l’éducation Article L.122-2.

o Pour les adultes et notamment les détenus illettrés

« Les condamnés qui ne savent ni lire, ni écrire ou calculer bénéficient prioritairement de cet enseignement.

Les autres doivent y être admis sur leur demande » (Art. D. 452 du CPP).

« L’enseignement primaire est assuré dans tous les établissements pénitentiaires ».

La Lutte contre l’illettrisme

Afin d’identifier rapidement les personnes illettrées, les enseignants s’efforcent de rencontrer en entretien les entrants en détention. Ce dispositif de repérage des personnes illettrées par les enseignants, mis en place depuis 1994, s’articule désormais avec le pré repérage des personnes en difficulté opéré par les personnels pénitentiaires en quartiers arrivants. En effet, le dispositif d’enseignement ne pouvant systématiser son action de repérage sans risquer de réduire l’action pédagogique, la direction de l’administration pénitentiaire a décidé d’organiser dès l’accueil en maison d’arrêt (MA) une prise d’information initiale par les services pénitentiaires. Ces services signalent ensuite aux enseignants les personnes détenues qui leur semblent éprouver des difficultés à l’oral et/ou en lecture. Cette procédure de pré repérage de l’illettrisme a été déployée en 2011 dans 124 MA ou quartier maison d’arrêt (QMA) représentant 98% du flux des entrants de toutes les MA et QMA des centres pénitentiaires. Les données recueillies dans le cadre du repérage de l’illettrisme mettent en évidence le niveau globalement faible des personnes incarcérées.

L’illettrisme élu grande cause nationale 2013

L'illettrisme élu grande cause nationale 2013.Nous avons eu le plaisir d’apprendre que le label grande cause nationale pour l’année 2013 a été attribué par le Premier Ministre à la lutte contre l’illettrisme.